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Sénat: Quelque chose se prépare contre Ahoussou Jeannot, voici ceux qui le menacent

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Ci - Politique et economie - 08-04-2019 09:21 - Armand b. depeyla
Avec la nomination, le mercredi 3 avril 2019 des 33 sénateurs complémentaires, par le chef de l’État, Alassane Ouattara, c’est aujourd’hui l’ensemble de la « charpente », voire l’ossature de la Chambre haute du parlement ivoirien, qui est ainsi achevée.

Vieux briscards issus du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-rda) en rupture de ban avec la direction de leur parti, de têtes fortes de l’administration ivoirienne, des leaders d’opinion de la société civile ainsi que d’anciens hauts cadres des institutions financières se côtoieront dans cette « Assemblée de praticiens ». Ces nominations de nouveaux Sénateurs interviennent à un moment où les relations entre le chef de l’État, Alassane Ouattara et Jeannot Ahoussou Kouadio sont au plus bas, et où il est de plus en plus question du départ de ce dernier, de la tête du Sénat. Selon plusieurs sources croisées (diplomatiques et politiques), le Vice-président du Pdci, qui a dit « non » au Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix ( Rhdp), pourrait connaître le même sort que Guillaume Soro. «  C’est fini.

C’est décidé. Il a vidé ses bureaux, a fait ses cartons et a déposé tout chez lui à la maison début février 2019. Il devrait, selon notre source, « libérer le Tabouret » à la 1re session ordinaire du Sénat. Jeannot Ahoussou quittera la tête à la prochaine session », nous a confié hier vendredi 5 avril 2019, en milieu de journée, un de ses « lieutenants ». « Sa lettre démission est prête depuis. Une copie est entre les mains du Président Bédié ( Henri Konan Bédié président du Pdci : Ndlr) », nous a confié notre source. Reçu à deux reprises par le chef de l’État, avant et après le congrès du Rhdp,«  pour clarifier sa position », l’avocat du Pdci et de Bédié aurait poliment récusé l’offre du chef de l’État, d’intégrer le Rhdp, mettant en avant son enracinement au Pdci-rda. Élu le 5 avril 2018, Jeannot Ahoussou Kouadio s’est vu totalement dépouillé de ses pouvoirs à la tête   du Sénat, par le chef de l’État, par courrier en date du 13 Septembre 2018.

Alassane Ouattara a informé le Président du Sénat, « que conformément aux articles 181 et 182 de la Constitution, les attributions du Sénat sont momentanément transférées à l’Assemblée Nationale.» La raison évoquée est que « le Sénat n’est pas encore totalement fonctionnel, dans la mesure, dit-il, où il n’est pas pourvu des organes, tels que le Bureau du Sénat et les Commissions techniques permanentes ». En outre, écrit-il, « les modifications de certains des articles de son Règlement, recommandées par le Conseil Constitutionnel, n’ont pas encore été prises en compte.» Depuis, Jeannot Ahoussou Kouadio est assis comme sur une corde raide. Qui va certainement se casser, les prochaines semaines, après la nomination des 33 derniers Sénateurs.

Pour lui succéder à la tête du Sénat, au moins cinq noms circulent dans des Chancelleries et Cabinets ministériels. Il s’agit, notamment de l’Ambassadeur à la retraite, Charles Gomis ; de l’ex-préfet de Bouaké, Aka Konin ; de l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire au Ghana, Bernard Ehui Kouatoua ; de Jean Abonoua Kouassi, ex-Dg de l’Anac, et de Mme Émilienne Anikpo. Mais, de tous ces cinq prétendants, seul le nom de Mme Émilienne Anipko revient avec insistance, comme étant en pôle position pour succéder à l’ancien Premier ministre. Originaire de Dabou, cette ancienne fonctionnaire internationale, épouse du macro-économiste Daniel Anipko, ancien ministre du Commerce sous la transition militaire, a de solides atomes crochus avec le chef de l’État, Alassane Ouattara dont la mère est née à Dabou.

La probable élection à la tête de cette institution phare de la IIIe République, de Mme Émilienne Anipko, s’inscrirait, dit-on, dans la ligne directrice de la politique du « genre » dont Alassane Ouattara se veut le chantre. Signalons que le 19 décembre 2018, après 9 mois consacrés à la mise en place du Sénat, le président Jeannot Ahoussou-Kouadio avait mis fin, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de  la paix à Yamoussoukro, à la session ordinaire 2018 de cette Chambre haute. Il avait notamment souligné que ces « 9 mois ont permis d'adopter les textes fondateurs pertinents de son institution, d'installer l'administration, et de la rendre opérationnelle et, enfin, de s'exercer à l'activité de législation et de contrôle de l'activité gouvernementale, mission première de cette Chambre. », après plusieurs reports liés à des blocages persistants inexpliqués.

Le 27 septembre 2018, le Groupe Parlementaire Pdci-rda au Sénat dénonçait «  une immixtion directement et d’autorité » du chef de l’État, Alassane Ouattara, « dans le fonctionnement du parlement,  et de transférer les pouvoirs d’une Chambre à une autre, sans l’avis motivé du Conseil Constitutionnel qui, lui, est indépendant et impartial ». Le ver était déjà dans le fruit.

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