Newsletter s'inscrire

Béoumi : Une bagarre entre des motos-taxis vire au conflit inter-ethniques, de nombreux blessés signalés dont des gendarmes et des élèves brûlés

20190516-victime-violence-beoumi-1024x925
Ci - Securite - 16-05-2019 10:54 - S. de bamela, correspondants de la région du gbêkê
L’on a noté une situation très explosive à Béoumi où une simple bagarre a viré à un conflit inter-ethnique sanglant entre des communautés.

Béoumi, localité située à environ 60 kilomètres de Bouaké dans la région du Gbêkê, a vécu un mercredi très triste ce 15 mai 2019. Des bisbilles entre 2 conducteurs de motos-taxis a vite fait de virer à un affrontement entre communautés autochtone (Baoulé) et allogène (malinké). Cette scène de violence a enregistré d'importants dégâts humains et matériels. On dénombre au moins une trentaine de victimes dont des brûlés vifs au second degré, des blessés à la machette ainsi que  par balles. Plusieurs véhicules et d'engins à deux  roues calcinés.

Mais comment en est-on arrivé à cette situation ? Selon des témoins joints sur place, tout serait partie d'une altercation entre deux conducteurs de motos-taxis ce mercredi, jour de marché à Béoumi. Non loin de la nouvelle pharmacie, les deux protagonistes tentant de se  livrer à une scène de pugilat. Ils sont rejoints par leurs suppôts. La suite a été le début d'un affrontement entre communautés autochtone et allogène. Ces informations recueillies auprès de notre source nous amènent à nous rendre sur le théâtre des opérations.

Il était exactement 13 heures, lorsque, sur un engin à deux roues, nous prenions la route pour Béoumi. A peine à 19 kilomètres près de Béoumi, c'est le village de Assékro qui nous accueille. Des jeunes villageois badigeonnés de charbon au visage et visiblement remontés, tiennent des barricades  sur la route. Ils intiment l'ordre de décliner notre identité. Pris à partie et nous soupçonnant d'être des Malinké, à cause du voyage à moto, nous déclinons nos identités pour pouvoir passer ces habitants déchainés. Le scénario sera le même dans tous les autres villages qui suivent. Notamment, Golikro, Affotobo et Assouafoué jusqu'à l'entrée de la ville de Béoumi. Dès que nous foulions le sol de la cité Kodè, c'est une ville déserte avec un ciel noircie par la fumée des pneus calcinés jonchant les rues qui s’offrent en spectacle. On note la présence d'un impressionnant détachement de la gendarmerie venue  de Bouaké, qui tente de canaliser les ardeurs des protagonistes. Ils sont aidés dans leurs taches par des éléments de la préfecture de police de Bouaké.

 

Béoumi blessés police

 

... mais aussi, des éléments des forces de sécurité

Nous nous dirigions  aussitôt vers le marché de la ville. Ici, la situation est délétère. Deux camps armés de gourdins et de machettes se défient dans des courses-poursuites. Ils sont freinés dans leurs élans par l'interposition des policiers encagoulés, qui usent de tirs de sommation et de gaz lacrymogène pour disperser ces protagonistes. C’est la débandade et les bousculades qui ne manqueront pas de donner du fil à retordre aux sapeurs-pompiers et autres ambulanciers appelés au secours. La preuve, à l’hôpital général de la ville où nous nous rendons, à la fin, le décor est triste. Plusieurs blessés dont des élèves brûlés vifs, couchés à même le sol, sur l'estrade de la petite officine devenue trop exiguë pour contenir ces nombreuses victimes. Un agent de santé rencontré dans cet hôpital nous fait la confidence en ces termes. « Il y a trop de blessés. Ils sont au moins une trentaine. Il y a des blessés par balles dont 3 gendarmes et 2 policiers et au moins 15 élèves brûlés vifs au seconds degrés», révèle-t-il. Au moment où nous quittions les lieux, le feu couvait encore dans la ville. Les jeunes autochtones, résolus à venger coûte que coûte leurs frères, entendent revenir à la charge. Quand les jeunes allogènes, ne voulant pas se laisser surprendre par des actes de représailles, restent aux aguets, prêts à la contre-offensive.

Pour mieux appréhender la situation devenant explosive, le commandant de la 3ème Région militaire de Bouaké s'est rendu à Béoumi avec des éléments de sa caserne. On peut le dire sans se tromper, la cohésion est sapée dans la capitale des Kodè.

S. De Bamela, Correspondants de la région du Gbêkê

Commentaires pour cet article Laisser un avis

Articles en relation

Emplois

France24 @ Ps, lr, lfi, rn… une rentrée politique à géométrie variable
Titre PS, LR, LFI, RN… une rentrée politique à géométrie variable
Date 22-08-2018
Reference Autre
France24 @ mali : le nouveau gouvernement...
Titre Mali : le nouveau gouvernement d’IBK, entre continuité et nouvelles arrivées
Date 10-09-2018
Reference Diplomatie
emploi @ Emploi | REGISTRAR ASSISTANT
Niveau BAC+4, BAC+5
Spécialité Assistanat de Direction, Management, Secrétariat
=