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Dibahi Dodo Amedée (Député Pdci) à propos du Fpi : « Le président Bédié n'a pas pris parti pour un camp »

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Ci - Politique et economie - 17-05-2019 10:15 - Kisselminan coulibaly
Le député des sous-préfectures de Namané et d'Iboguhé (Issia) Dibahi Dodo Amedée était le président du comité d'organisation de la journée de la paix orchestrée par le Réseau des cadres Pdci notre héritage, samedi 4 mai 2019. L'élu a répondu, ce mercredi 15 mai, à nos questions, au siège du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci) à Abidjan-Cocody. Il épluche plusieurs sujets d'actualité dont la récente rencontre à La Haye entre Laurent Gbagbo et une délégation du Pdci-Rda et la crise à l'hémicycle

A votre cérémonie du 4 mai 2019, à Abidjan, le Pdci-Rda était majoritairement représenté. Pour une cérémonie qui se voulait un grand moment de rassemblement, est-ce que cette présence à dominance Pdci n'entache pas le succès l'activité ?

Je voudrais, dans un premier temps, remercier le président Henri Konan Bédié qui a, non seulement, autorisé cette activité, mais l'a soutenue et a permis à la direction du parti de l'encadrer. Je voudrais particulièrement remercier tous les militants qui se sont déplacés, en particulier, les différents vice-présidents, et les officiels, en l'occurrence le général Ouassenan Koné qui a représenté le président Henri Konan Bédié, le ministre d’État Emile Constant Bombet, le ministre Allah Kouadio Rémi, Mama Fofana, le maire de Cocody, Jean-Marc Yacé sans oublier le président du Réseau, Djédri N'goran, et le député Kouassi Kouamé Patrice, tous ceux qui sont intervenus pour remplir le rôle qui leur avait été confié. Je voudrais aussi remercier tous les partis frères qui sont venus à cette cérémonie. Pour répondre précisément à votre question, la cérémonie a été un succès. Parce que nous avons déplacé la qualité. D'abord, au niveau du Pdci-Rda, ce sont les responsables des organes qui sont venus, à savoir le secrétariat exécutif au grand complet, les vice-présidents présents majoritairement, les secrétaires de section, le comité de sages représenté par d'éminentes personnalités comme Me Cheickna Sylla. Le bureau politique également était massivement représenté. Les autres Ivoiriens invités étaient représentés par leurs partis politiques. Vous avez vu la présence d'une vingtaine de partis politiques frères qui, pour certains, sont déjà dans la plateforme créée par le président Henri Konan Bédié ; pour d'autres, sont en train de venir pour intégrer la plateforme. Ce n'était pas majoritairement le Pdci-Rda mais l’événement était organisé par le parti d'où la grande affluence du Pdci-Rda.

Les chefs traditionnels étaient présents massivement. Ce sont les représentants des grandes communautés. Ce sont eux qui allaient relayer le message. Il y avait aussi la présence des guides religieux. On ne peut pas réunir toute la Côte d'Ivoire au même moment, mais les grandes entités étaient présentes. Pour nous, c'était l'essentiel au niveau de la mobilisation. On notait la présence d'institutions internationales et de nombreux pays : l'Union européenne, la Russie, l'Afrique du Sud, l'Union africaine...

Notre message s'adressait à l'ensemble de ces personnalités. Tous les Ivoiriens étaient représentés. Nous avons atteint notre objectif en termes de mobilisation.

Quels enseignements tirez-vous de cette journée ?

Nous, Réseau des cadres Pdci notre héritage, sommes dans un parti : le Pdci-Rda. Le Réseau est un organe qui appuie le parti, la direction, et surtout le président Henri Konan Bédié. Le président a donné des orientations en ce qui concerne la Côte d'Ivoire réconciliée et rassemblée. Nous, hauts cadres du parti, savons quel rôle nous devons jouer. Dès lors, les orientations du parti, surtout celles du président, sont relayées par le réseau, et mises en œuvre en complicité avec la direction.

L'objectif, à travers la journée de la paix, était de rappeler aux Ivoiriens que nous venons de très loin. Le président l'a dit. Il faut l'appliquer : la paix, surtout la fraternité qui manque aux Ivoiriens, depuis un certain nombre d'années, en particulier, depuis le coup d’État inexpliqué de 1999, la tentative de coup d’État qui s'est muée en rébellion et la crise post-électorale de 2010-2011. Cela s'est passé entre nous Ivoiriens. C'était, pour nous, l'occasion de rappeler aux Ivoiriens le mérite du Pdci , depuis le président Félix Houphouët-Boigny, est de parler de paix, de fraternité et de cohésion sociale. C'est notre leitmotiv de dire aux Ivoiriens : soyons ensemble pour développer le pays dans la paix. Tel est l'objectif de notre réseau. Mais au delà, il faut préparer les esprits pour éviter que les évènements d'hier ne se répètent. Pour cela, il faut qu'en 2020, et au delà de 2020, la Côte d'Ivoire soit totalement pacifiée, que nous allions aux élections sans qu'il y ait des problèmes. Il faut qu'à la fin du scrutin, tout le monde accepte le vainqueur déclaré. Je relève qu'au cours de cette journée, nous avons fait appel à des spécialistes, à des gens qui ont eu à diriger le pays, qui avaient des enseignements à donner. C'était cela notre objectif. Nous pensons être sortis de cette journée, rassurés que les Ivoiriens ont entendu notre message de paix. Nous avons profité pour demander le retour de nos frères en exil, pour certains qui étaient en prison et qui ont été acquittés, à savoir le président Laurent Gbagbo et le ministre Blé Goudé. Qu'ils rentrent et qu'ensemble, nous participions au développement de ce pays dans la paix. Nous avons aussi dit que la paix doit être comme une religion comme le président Félix Houphouët-Boigny l'a toujours voulu. Cette paix ne doit pas se dire du bout des lèvres. Mais il faut qu'elle se matérialise à travers des actes.

Est-ce l'objectif de paix qui a conduit Henri Konan Bédié à dépêcher une délégation du Pdci-Rda, le 7 mai, à Bruxelles auprès de Laurent Gbagbo ?

Vous savez que le président Henri Konan Bédié a créé une plateforme qui va regrouper tous les Ivoiriens. Les Ivoiriens se trouvent aussi bien dans les partis politiques, les Ongs et que bien d'autres organisations.Le président Henri Konan Bédié voudrait que tous les Ivoiriens soient ensemble, que le pays soit totalement réconcilié. Alors, il fournit de grands efforts pour que tous les fils de ce pays se parlent. L'envoi d'une délégation à Bruxelles était opportun d'autant plus que cela va dans la droite ligne de la réconciliation prônée par le président Bédié. Cela s'inscrit dans la ligne qu'il a déterminée pour que la Côte d'Ivoire soit totalement rassemblée. Le président Henri Konan Bédié est, aujourd'hui, considéré comme l'icône de la paix dans la mesure où il a consenti beaucoup de sacrifices pour qu'il y ait la paix définitive dans ce pays. Nous soutenons l'acte qu'il a posé en envoyant une délégation vers le président Gbagbo pour que tous les Ivoiriens soient ensemble dans une Côte d'Ivoire totalement réconciliée et rassemblée.

La rencontre de Bruxelles a débouché sur une certaine polémique dans la mesure où le Fpi est divisé. Est-ce qu'avec le communiqué qui a sanctionné la rencontre, on peut appréhender que le Pdci a choisi un camp et considère Laurent Gbagbo comme le président du Fpi ?

Lorsque vous êtes un père et que vous voulez réconcilier vos enfants, ou lorsque vous êtes l'aîné d'une famille qui entend réconcilier des frères, vous ne prenez pas parti, mais vous rassemblez. Affi N'guessan a été le premier à être reçu par le président Henri Konan Bédié. Il y avait le Fpi dirigé, en son temps, par Sangaré Abou Drahamane, maintenant, par le président Gbagbo lui-même. Le père, l'aîné, les rencontre tous pour parler de réconciliation. Il n'a pas mis Affi N'guessan à l'écart des discussions. C'est son rôle de rencontrer toutes les parties qui sont opposées et pour les mettre d'accord non seulement pour être ensemble mais aussi pour que la paix revienne définitivement en Côte d'Ivoire. Ce n'est pas le rôle du président Bédié de dire le camp qu'il faut suivre. Il compose avec tous les Ivoiriens : Affi N'guessan, Laurent Gbagbo…et tous les autres. Le président n'a pas pris parti pour un camp. Il veut ramener tous les Ivoiriens ensemble. Et il leur parle régulièrement. Le président n'a jamais déclaré qu'il est contre le groupe d'Affi N'guessan. Il a déjà rencontré Affi N'guessan à plusieurs reprises. Le président Bédié va au delà d'une seule partie puisqu'il veut rassembler tous les Ivoiriens. C'est lui qui, au milieu de tous ceux-là, donnera des conseils pour qu'un jour tout le monde se retrouve aussi bien au Fpi que dans les autres partis. Parce que le Fpi n'est pas le seul parti divisé aujourd'hui. Plusieurs partis souffrent de cette situation. Le président Wodié (fondateur du Pit, ndlr) compose avec le président Henri Konan Bédié, Mais il y a des problèmes au Pit. Si d'aventure, il doit rencontrer d'autres personnes pour qu'il y ait la paix dans ce parti, il le fera. Il joue son rôle d'aîné. Et il agit par étapes pour que ce soit une paix définitive. Le président Bédié est celui qui doit rassembler. Il est l'héritier du président Félix Houphouët-Boigny qui a érigé la paix en une seconde religion.

Est-ce que vous confirmez que le Pdci avec Henri Konan Bédié est engagé dans une tentative de réconciliation des deux branches du Fpi ?

Le président Bédié est celui qui va réconcilier tous les Ivoiriens. C'est le rôle qu'il s'est donné. C'est ce qu'il est en train de faire. Il y aura la réconciliation partout où l'on aura besoin du président Henri Konan Bédié. Il agira pour qu'il y ait réconciliation.

Y compris au Front populaire ivoirien ?

Y compris au Front populaire ivoirien.

Est-ce que dans la perspective de la présidentielle, vous entrevoyez un candidat du Pdci comme représentant l'ensemble de la plateforme ?

Non ! Il faut retenir ceci. Le président Henri Konan Bédié réunit des Ivoiriens dans une plateforme pour parler de sujets liés au bon fonctionnement de la démocratie, du développement et la paix. Tous les partis sont totalement autonomes. C'est une plateforme sans aucune idéologie. Chaque parti garde son idéologie. Il s'agit de parler de sujets qui concernent le développement du pays en passant par les élections que nous souhaitons transparentes. D'où la réforme demandée avec vigueur par le président Henri Konan Bédié concernant la Commission électorale indépendante. Le Pdci ne cherche pas à chapeauter cette plateforme pour avoir un seul candidat. Ça ne sera pas le cas. Je vous rassure. Le Pdci, non seulement, aura son candidat mais va souhaiter que les autres candidats se présentent. Cela dit, on ne peut pas pousser un parti à avoir un candidat s'il ne le souhaite pas. Si des partis décidaient de soutenir le Pdci-Rda, nous ne refuserions pas cela. Dans le même temps, si au sein de la plateforme, certains estiment que le Pdci-Rda doit être le leader, nous ne refuserons pas. Mais le principe, c'est que tous les partis sont libres et autonomes.

Est-ce Henri Konan Bédié ce candidat du Pdci ou s'agit-t-il de la nouvelle génération ? Certains parlent de Jean-Louis Billon, Thierry Tanoh…

Le Pdci est un parti bien organisé. Nous avons une période pour traiter la question de candidature. Il s'agit de la convention. Et cette convention, le président Henri Konan Bédié est en train de l'organiser avec la direction du parti dirigée par le secrétaire exécutif, Maurice Kakou Guikahué. Les candidats sont des cadres du Pdci-Rda. Nous avons dit, au cours de nos congrès, que le candidat du Pdci-Rda, sera un cadre militant actif. Le premier militant actif, c'est le président Henri Konan Bédié. Si d'aventure, il y a d'autres candidats, nous savons comment au sein d'un parti politique, les candidats à une élection sont choisis. C'est ce processus que nous allons suivre. Aujourd'hui, nous ne dirons pas que c'est tel cadre qui est le candidat. Si le président Henri Konan Bédié est candidat, le Pdci avisera. Nous allons le suivre d'autant plus que nous considérons que c'est lui, le premier militant actif. Si le président Henri Konan Bédié ne se présente pas, les candidats déclarés suivront la procédure interne. D'où la convention pour le choix définitif de ce candidat.

Mais selon vous, en dehors de Henri Konan Bédié, quels sont les présidentiables du Pdci-Rda ?

Tous les candidats au Pdci sont valables. Ce sont les militants qui choisiront le candidat du Pdci-Rda en dehors du président Henri Konan Bédié si d'aventure, il ne se présente pas.

Au Pdci, vous appartenez à la zone zadi. L'un des cadres de cette zone, vice-président du Pdci, Charles Koffi Diby, est annoncé au Rhdp. Que savez-vous sur le sujet ?

Nous avons tous appris, dans les journaux, qu'il fait partie du conseil politique du Rhdp unifié. Nous qui sommes de la zone zadi n'avons pas été informés officiellement. On attend d'être appelés officiellement pour nous dire qu'il est parti. A lui aussi, de faire une déclaration parce que nous ne l'avons pas encore entendu. A ce niveau, je n'ai pas de commentaire particulier à faire. Nos frères qui ont décidé de partir, malgré les injonctions du Pdci-Rda, ont leurs raisons. Mais, pour moi, à partir du moment où le parti dans lequel vous militez a décidé de ne pas se laisser dissoudre, il était dans leur obligation de rester dans le parti. Si des cadres vont ailleurs, il leur appartient d'en tirer les conséquences. Nous serons avec les cadres qui vont rester au Pdci pour aller ensemble à la reconquête du pouvoir. Et nous sommes sûrs que nous gagnerons les élections en 2020 avec l'organisation que le président Henri Konan Bédié est en train de mettre en place.

Parlons de la crise à l'Assemblée nationale autour de la formation du bureau. Les parlementaires du Rhdp estiment que vous êtes dans une campagne visant à discréditer l'institution et son président. Que répondez-vous ?

L'Assemblée nationale a existé depuis les années 60. Elle a fonctionné correctement sans qu'il y ait ce genre de crise. Si nous prenons ces 20 dernières années, il n'y a pas eu ce genre de crise sous le président Henri Konan Bédié, sous le président Laurent Gbagbo, et pendant le premier mandat du président Alassane Ouattara. D'où vient qu'il y ait des difficultés à l'Assemblée nationale ? C'est le refus d'appliquer les principes habituels d'abord, de l'organisation de l'élection du président de l'Assemblée nationale, puis de la composition du bureau de l'Assemblée nationale. Nous connaissons déjà les usages. Le principe, c'est la proportionnelle en fonction de la composition politique de l'Assemblée nationale. Il y a plusieurs groupes parlementaires et ces groupes ont un nombre de députés dont il faut tenir compte pour pourvoir les postes du bureau. Sous le président Amadou Soumahoro, aucun principe n'est respecté. Tout est bafoué. Le Pdci n'a jamais voulu une crise. Au contraire, le Pdci a toujours œuvré pour qu'il y ait la paix. Le Pdci a 68 députés. Suivant les règles qui ont été toujours appliquées, le Pdci a droit à trois vice-présidents, trois secrétaires et un questeur. Les autres groupes parlementaires ont aussi droit à des postes en fonction de leur nombre. Nous réclamons notre dû. Nous ne tirons sur aucune corde. Nous réclamons uniquement ce à quoi nous avons droit.

Vous devez aussi retenir qu'à l'Assemblée nationale, nous sommes toute la Côte d'Ivoire réunie. Aucun parti ne peut, à lui seul, diriger les organes de l'Assemblée. Ce n'est pas possible. Nous sommes autour de 250 députés. Nous venons de régions et de partis politiques différents. Il faut en tenir compte. Le Rhdp n'est pas le seul groupe parlementaire pour pouvoir prendre tous les postes sans tenir compte des principes.

Clarifions le débat ! Votre revendication est liée à une pratique parlementaire ou elle est en rapport avec des textes qui ne sont pas appliqués ?

Il y a les textes qui le disent. Les articles que nous avons rappelés jusqu'ici notamment l'article 100, l'article 8 de la Constitution ainsi que le règlement de l'Assemblée nationale, existent. Ce sont ces textes que nous demandons d'appliquer.

Vos contradicteurs rétorquent qu'il est simplement stipulé que le bureau doit être le reflet de la configuration politique de l'Assemblée nationale...

Le reflet, c'est de cela qu'il a toujours été question. C'est ce qui a toujours été appliqué. Vous avez plus de 10 députés. Vous avez droit à un vice-président, par exemple. Au temps du président Henri Konan Bédié, et sous d'autres présidents, des groupes parlementaires qui avec 9 voire 8 députés, avaient un vice-président. Pourquoi pour un groupe parlementaire composé de 68 députés, on veuille donner un seul vice-président, un secrétaire et un questeur ? Ce n'est pas possible. Le Pdci a droit à 7 membres dans le bureau. Ce sont d'abord, les textes qui l'exigent, puis les usages.

Par Kisselminan COULIBALY

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