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Après le déguerpissement des lieux de stationnement, complicité entre policiers et chauffeurs de wôrô-wôrô, la galère des usagers

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Ci - Culture - 14-06-2019 10:28 - Dominique fadégnon
Le paysage du transport à Koumassi, surtout au grand carrefour, beigne dans un profond charivari, depuis le lundi 10 juin 2019. Cela, à la suite d'un affrontement entre des acteurs, qui a fait un mort.

'' Aujourd'hui, tu gares ici, demain c'est ailleurs'', déplore K Z, un chauffeur de wôrô-wôrô (taxi communal, Ndlr) banalisé assurant la ligne Cocody-Koumassi et retour, que nous avons rencontré, en plein boulot, hier mercredi 12 juin 2019, peu après 9h, en face de l'hôtel Ibis de Marcory, de l'autre côté du boulevard Valéry Giscard d'Estaing. Quelques minutes, plus tôt, il avait garé son véhicule sur la bretelle, devant l'ex-grande école privée Intellect Afrique, à une centaine de mètres de leur lieu de stationnement habituel, au grand carrefour. Mais les forces de l'ordre lui ont intimé l'ordre de quitter l’espace. Les quatre (4) places chargées, il s'empresse de partir. Mais sous nos yeux, il ne débourse aucun sous pour les agents des forces de l'ordre qui, mardi matin, avaient exigé 500 francs cfa par chargement. Là, semblent s'être déportés les véhicules des lignes Koumassi-Yopougon, Koumassi-Riviera, Koumassi-St Jean ...et retour. Les usagers arrivent à compte-goutte, vu que c'est de fil en aiguille qu'ils y parviennent. '' Je suis allé au grand carrefour de Koumassi, et on m'a dit qu'il y a eu palabre entre les chargeurs, lundi. C'est pourquoi, tout le monde a été dégagé. On m'a demandé de venir après la station-service. Je croyais que c'était une courte distance mais là, vous voyez que ce n'est pas moins d'un demi kilomètre. C'est fatigant'', se plaint une dame, un bébé au dos, qui a Yopougon Lavage pour destination. Nous remontons la bretelle. Au niveau de l'ex-grande école privée Intellect Afrique, un chauffeur négocie pour que les agents des forces de l'ordre le laissent faire un chargement pour Cocody. Un passager est à bord. Le chauffeur joue les médiateurs entre les agents et un autre de ses collègues, qui vient de stationner et qui refuse d'obtempérer quand les agents lui demandent de décamper. '' Mon frère, laisse-nous nous débrouiller, faut pas verser cailloux dans mon attiéké, va en face de Ibis'', lui claironne-t-il. Ce chauffeur qui grommelle, tout de même un peu, range sa colère et poursuit son chemin. Des usagers, arrivés là, sont désolés de ne pas trouver sur place, des véhicules pour Adjamé. A quelques mètres de là, un mini-car gbaka s'arrête à la demande de passagers. Un policier exige que le chauffeur avance. Mais rien n'y fit. Il embarque quatre personnes, et l'apprenti contente le policier avec un billet de banque. Au grand carrefour de Koumassi, de la station-service jusqu'aux feux tricolores, plusieurs groupes de forces de l'ordre sont parqués ; que ce soit des Crs (Compagnies républicaines de sécurité), le Groupement mobile d'intervention en passant par des gendarmes, tout y est. Il n'y a pas la moindre trace d'un véhicule de transport. Des passants sont hélés. Des contrôles de pièces d'identité sont opérés systématiquement chez des personnes jugées douteuses (puisque nous n'avons pas été abordé). Non loin vers les feux tricolores, une dame portant un bébé dans un ''kangourou'', une valise à patin à roulette, en main, tombe des nues quand elle constate la vacuité du lieu de stationnement et pire, des grilles qui, le limitant, indiquent que l'exercice de l'activité de transport y est interdit.

 Où aller ?

 '' Où dois-je aller pour trouver un véhicule pour Yopougon'', demande-t-elle aux passants qui, visiblement, ne la satisfont pas. Nous l'informons de ce que son voyage serait possible, à condition d'effectuer le déplacement de l'Ibis. '' Jusqu'à Ibis, c'est trop loin'', nous laisse-t-elle entendre, avant de nous remercier tout de même. Nous poursuivons notre chemin sur la ligne du bus 13, dans le prolongement du Commissariat de Police du 6e arrondissement de Koumassi (ex-texaco). La voie est dégagée. Les taxis communaux des lignes Tapis rouge, carrefour colombe ou Ibo, ne sont plus à leur lieu habituel de stationnement. ''Allez en face de la mairie'', nous recommande une vendeuse de fruits quand nous lui posons la question de savoir où en emprunter. Nous y allons et constatons effectivement qu'ils y sont mais juste pour faire leur manoeuvre. Seulement, il y en a qui sont garés sur une voie, dans le quartier, en face de la mairie. Sur la voie qui passe devant le commissariat, un panneau d'arrêt et de stationnement interdits est posé à son entrée, du côté de la poste, avec ce message qui le barre :''Accès interdit aux taxis''. Un chauffeur de taxi qui, visiblement, n'avait pas vu le panneau et qui a voulu emprunter la voie, a été stoppé net par des policiers. Nous demandons où avoir une occasion pour Port-Bouët. Il nous revient de nous rendre en face de l'hôpital général de Koumassi. Cela est effectif. Il n'y a pas de chargeur, en ce lieu. Ce sont les chauffeurs, eux-mêmes, qui appellent les passagers. Les taxis pour les sous- quartiers Soweto, Campement, Sicogi, Zéro 5 sont également dans la zone. Mais il faut dire que ceux là y sont depuis environ 5 mois quand ils ont été interdits de traverser le grand carrefour où, depuis quelques jours, les mini-cars gbaka sont indésirables. '' Lundi soir, j'ai dû marcher jusqu'au carrefour du camp commando, pour avoir un véhicule. Hier (ndlr, mardi), il n'y avait pas de gbakas en face du restaurant Titanic, à leur lieu de stationnement. Les gbakas de Grand-Basam, de Bonoua et de Gonzagueville, Adjouffou et autres étaient rares. C'était difficile. Mais aujourd'hui, ça va mieux puisqu'ils sont garés en face du restaurant. Mais pour emprunter les mini-cars à destination d'Aboisso, Bonoua ou Grand-Bassam, il faut aller vers le carrefour du camp commando. Vous-même, vous voyez que les forces de l'ordre sont stationnées à   leur gare habituelle'', nous confie D.C, un habitant de Gonzagueville qui, au grand carrefour, s'apprête à emprunter un mini-car.

 Dominique FADEGNON

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