Newsletter s'inscrire

Situation politique : Tout sur le plan de Soro pour déstabiliser le Rhdp, la guerre Ouattara-Soro s’accentue

20191017-f95b227b7571c94972dbcdf93052a6e4l
Ci - Politique et economie - 17-10-2019 07:42 - Armand b. depeyla
Briser le mythe Alassane Ouattara et jeter le trouble dans l’esprit des militants et cadres du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), à 12 mois de l’élection présidentielle d’octobre 2020, semble être l’une des stratégies de combat de Guillaume Soro contre le chef de l’État dont il était, dans un passé récent, un fidèle compagnon.

Depuis qu’il a perdu « le tabouret » de l’Assemblée nationale et qu’il a tourné les talons à Alassane Ouattara, la guerre des mots entre les deux camps alimente la chronique politique en Côte d’Ivoire. Ce qu’il convient d’appeler aujourd’hui «  le processus de déstabilisation du Rhdp » par Guillaume Soro a véritablement commencé, le jeudi 29 mars 2018.

Au cours d’une réunion à huis clos de la haute direction du Rassemblement des républicains (Rdr), à son siège à Cococdy, il s’était démarqué de la position de tous, sur la question du parti unifié, déclenchant des tensions au sein du parti présidentiel. Les divergences ont été révélées par la diffusion d’un enregistrement clandestin de la réunion de la haute direction du parti, à la Rue Lépic. On y avait entendu Guillaume Soro, alors vice-président en charge de la région du Tchologo, émettre des réserves vis-à-vis du parti unifié. « L’actualité politique ces dernières semaines a bien montré le trouble qu’il y a sur la question du Rhdp, du parti unifié. Je pense qu’il faut que nous ayons un cadre formel pour examiner cette question de façon approfondie. Parce que telles que les choses se présentent, il y a le sentiment bien réel que le Rdr court, coûte que coûte, derrière le parti unifié et les autres temporisent.

Or, ce sont les autres qui, normalement, devraient courir derrière le Rdr pour un parti unifié », déclarait notamment le président d’alors, de l’Assemblée nationale ivoirienne. Guillaume Soro se distinguait ainsi de la position du reste de la direction du Rdr sur ce sujet sensible. Depuis, le fil s’est brisé entre lui et les caciques du parti présidentiel, au point d’être chassé, selon lui, de la présidence de l’Assemblée nationale. Amadou Soumahoro lui succède au perchoir. A la guerre comme à la guerre. Et tout ce que trouve Guillaume Soro, aussi bien en parole qu’en acte, pour briser le mythe Alassane Ouattara, saper le moral de ses cadres et militants, créer la psychose dans les esprits des Ivoiriens, et in fine, déstabiliser le Rhdp, il s’en sert.

Lors de son séjour en Espagne, il a lâché une boule puante contre Alassane Ouattara. « Information de première main reçue de nos amis incrustés au Rhdp, serait que le Rhdp inscrira 1,8 million de personnes sur la liste électorale. C’est le sens de 2020 est bouclé verrouillé. Sauf que la félonie conduirait à la catastrophe. Il n’est plus autorisé de tricher idiotement en 2020. Je remercie ceux des nôtres qui sont au cœur du Rhdp et grâce à qui nous avons survécu à bien des pièges mortels.

Je leur demande de doubler de vigilances et d’affiner les canaux. Le moment venu, vous serez reconnus pour vos bienfaits », avait lancé Guillaume Soro sur Twitter, le vendredi 11 octobre 2019, depuis l’Espagne.

Déclarations incendiaires

Le camp Alassane Ouattara n’a pas attendu une lune, pour réagir. « Si c’est le cas, c’est que le Rhdp a lui aussi des taupes chez les autres, n’est-ce pas ? Ce que ma petite connaissance des Hommes m’enseigne, c’est que quand on a ce genre d’infiltration, on se garde d’en parler et quand on parle, c’est que… » a déclaré Koné Bruno Nabagné, le ministre ivoirien de la Construction, du logement et de l’urbanisme.

C’est ici l’une des faces visibles d’un profond iceberg d’une guerre qui, selon le Clergé ivoirien, fait peser sur la Côte d’Ivoire, un réel péril. A un an des élections présidentielles de 2020, l’Église catholique de Côte d’Ivoire fait observer que la sérénité des dirigeants tranche avec la grosse peur qui tétanise les Ivoiriens. Une peur traduite dans son homélie du 12 octobre 2019 par Jean-Pierre Cardinal Kutwa, archevêque métropolitain d’Abidjan. «  Pour vivre en communion, faites aux autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous », lance-t-il aux dépositaires de l’autorité publique en Côte d’Ivoire. Puis, de se tourner vers les fidèles chrétiens : « L’année 2020, je ne vous apprends rien, est une année qui s’annonce cruciale aux yeux de bon nombre des habitants de ce pays, avec les élections qui se profilent à l’horizon (…). Nos populations ont peur… Notre pays a trop souffert de ces crises à répétition », s’est emporté l’archevêque.

Chaque jour qui passe, apporte son lot d’inquiétudes, à travers des déclarations incendiaires entre les camps Soro et Ouattara. Si ce n’est pas l’ancien chef rebelle, lui-même, ce sont ces « lieutenants» qui portent la charge contre Alassane Ouattara … Et les observateurs et analystes politiques ivoiriens s’attendent à une multiplication de ces attaques entre les deux camps jusqu’à l’élection présidentielle prévue dans 12 mois, et à laquelle Guillaume Soro vient de déclarer sa candidature.

Ces derniers jours, la surenchère verbale, avec à la clé, des échanges de tweets rageurs entre les deux camps, ont davantage alourdi l’atmosphère politique en Côte d’Ivoire. « La structuration de mon cerveau, les prérequis du combat que j’ai mené, et par acquis de conscience, je ne vois pas pourquoi je vais être Rhdp. Je l’ai dit à Alassane, aux Ivoiriens, que le Rhdp tel qu’il est créé et constitué, va ramener la division et la guerre en Côte d’Ivoire.

L’histoire est en train de me donner raison. Les choses vont changer. Tout pouvoir finit toujours (…). La Constitution dit qu’Alassane doit faire deux mandats, il a fait ses deux mandats. Alassane que moi je connais, dans l’intimité, un jour, il m’a dit qu’il ne fait pas de troisième mandat, que lui, il va faire seulement deux mandats. En tout cas, il m’a dit cela. Donc je n’ai pas de raison de croire autre chose. Sinon, lui-même, il sait que c’est deux mandats, c’est fini. La Constitution même ne lui permet pas de faire  autre chose », a dit Guillaume Soro face à ses militants en Espagne.

La question, aujourd’hui, est de savoir quand et comment « ce changement » dont parle Soro va intervenir en Côte d’Ivoire.

Armand B. DEPEYLA

Commentaires pour cet article Laisser un avis

Articles en relation

Emplois

France24 @ Ps, lr, lfi, rn… une rentrée politique à géométrie variable
Titre PS, LR, LFI, RN… une rentrée politique à géométrie variable
Date 22-08-2018
Reference Autre
France24 @ mali : le nouveau gouvernement...
Titre Mali : le nouveau gouvernement d’IBK, entre continuité et nouvelles arrivées
Date 10-09-2018
Reference Diplomatie
emploi @ Emploi | 2 STAGIAIRES TECHNICIENS AGRICOLES
Niveau BAC+2
Spécialité Agriculture
=