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Coronavirus : La Banque mondiale donne des instructions fermes aux différents États, ce qu'il faut craindre

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Monde - Sante - 17-03-2020 07:25 - Élysée lath
Dans sa news letter parvenue à L'inter le dimanche 15 mars 2020, la Banque mondiale attire l'attention des dirigeants des différents États du monde entier sur la nécessité de limiter les préjudices d'ordre économique causés par le nouveau coronavirus (Covid-19).

«Alors que le virus se propage dans le monde, tout l’enjeu est de savoir comment préserver les vies humaines et atténuer les préjudices économiques», lit-on dans une Tribune qui a pour auteur Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente pour le pôle Croissance équitable, Finance et Institutions (Efi) du groupe de la Banque mondiale.

La Banque mondiale souligne par expérience que seule une réponse rapide, coordonnée et ambitieuse face à une menace commune peut faire la différence pour l’économie mondiale. Notant par ailleurs que c’est bien ce qui se dessine : «plusieurs pays ont dévoilé des programmes de relance tandis que de nombreux autres ont abaissé leurs taux d’intérêt. De leur côté, le groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont organisé une aide financière massive pour aider les pays à surmonter cette crise sanitaire et à en limiter les effets délétères sur l’économie». «Mais la prochaine étape sera cruciale : dans les semaines qui viennent, tous les pays – même en l’absence de cas de coronavirus – devront prendre des mesures concrètes pour protéger leur population et minimiser les perturbations pour leur économie», instruit la Banque.

Encore plusieurs inconnues. L'institution bancaire relève que pour l'heure, personne ne peut dire avec certitude ce que sera l’impact économique réel de la flambée de la pandémie de Coronavirus. «Il y a encore trop d’inconnues : durée de l’épidémie, nombre de pays touchés et capacité des pays à se mobiliser durablement pour apporter une réponse coordonnée et concertée rapide. Ce que nous savons en revanche, c’est que cette épidémie survient à un moment où l’économie mondiale commençait juste à redémarrer après le passage à vide provoqué par la crise financière de 2009», avance la vice-présidente du groupe de la Banque mondiale.

Mais en attendant, les effets se font de plus en plus perceptibles. Pour les pays en développement, les conséquences sont préoccupantes, relève l'institution de Bretton Woods, à savoir, un durcissement des conditions de crédit, un ralentissement de la croissance. Il y aussi la mobilisation des ressources publiques en faveur de la lutte contre l’épidémie qui pourraient réduire le volume de fonds disponibles pour les priorités de développement.

En outre, une dépression économique retarderait également la lutte contre l’extrême pauvreté. «Il est donc impératif que les décideurs, partout dans le monde, prennent conscience du risque de propagation des préjudices économiques d’un pays à l’autre et qu’ils se mobilisent rapidement pour l’endiguer», indique la Tribune. Qui énumère par ailleurs les vecteurs potentiels de propagation des préjudices.

L'on note, en effet, à un premier niveau, le commerce. Il ressort de l'analyse de Ceyla Pazarbasioglu que les chaînes de valeur mondiales, qui représentent près de la moitié des échanges mondiaux, commencent à pâtir de la fermeture d’usines et du redémarrage tardif de l’activité. Viennent ensuite les flux financiers étrangers, qui pourraient fuir les pays touchés par le coronavirus.

A cela, il faut ajouter le capital humain et financier national, de plus en plus sous-utilisé avec l’arrêt des usines et le confinement des travailleurs chez eux. Il s’agit également du secteur touristique et du voyage, touché de plein fouet par la baisse de la demande et des restrictions de déplacement toujours plus contraignantes, alors qu’il constitue pour de nombreux pays en développement une source importante de revenu. Et, enfin, l’effondrement des cours des matières premières, qui va, à coup sûr, pénaliser les pays en développement tributaires de ces recettes essentielles.

 De la nécessité d'une coopération internationale. Si la Banque mondiale est convaincue que la résolution des défis mentionnés plus haut va exiger une coopération internationale, elle invite par la même occasion les gouvernements à se garder de toute tentation protectionniste, ''qui ne fera qu’exacerber les perturbations dans les chaînes de valeur mondiales et accentuer une incertitude déjà grande''.

«Surtout, ils doivent éviter de restreindre les exportations de denrées alimentaires et de produits médicaux vitaux pour, au contraire, rechercher ensemble des solutions visant à accroître la production et la satisfaction des besoins là où ils sont les plus critiques», recommande la vice-présidente.

Elle conseille par la suite, qu'à moyen terme, avec l’amélioration de la conjoncture économique, les responsables publics devront tirer les leçons de cette crise non pas en privilégiant le repli sur soi, mais en encourageant les entreprises à accroître leurs stocks et à diversifier leurs fournisseurs, afin de mieux gérer les risques.

Toujours dans le cadre de la coopération, la Banque mondiale préconise que la communauté internationale déploie son assistance, en particulier dans les pays d’Afrique subsaharienne qui n’ont pas les infrastructures sanitaires requises pour contenir la pandémie.

Quant aux pays en développement, il leur est recommandé de prendre des mesures urgentes, principalement quatre : Ils devront accroître leurs dépenses de santé pour renforcer les systèmes de santé et favoriser ainsi une prise en charge et un confinement plus rapides ; renforcer la protection sociale à travers des transferts monétaires et des services médicaux gratuits pour les plus vulnérables. Ce qui contribuerait à contenir la pandémie tout en atténuant ses conséquences financières négatives ; soutenir le secteur privé via des prêts à court terme, des exemptions fiscales ou des subventions ; et enfin, contrer les perturbations sur les marchés financiers en abaissant leurs taux d’intérêt ou en injectant des liquidités pour restaurer la stabilité financière et stimuler la croissance.

 Déjà 6 000 milliards fcfa mobilisés. La solidarité internationale, il convient de souligner, au niveau de la Banque mondiale, s'est traduite par la mobilisation d’un premier financement d’urgence, de 12 milliards de dollars (un peu plus de 6 000 milliards de fcfa) avec pour objectif de contribuer aux efforts de renforcement des systèmes de santé et d’atténuation des conséquences négatives pour les populations et les économies.

Le Groupe de la Banque mondiale envisage une seconde enveloppe de financement qui sera destinée spécifiquement à soutenir les effets économiques et sociaux. «Les décideurs doivent garder la tête froide, même face à la turbulence des marchés financiers. Afin de renforcer la confiance, ils devront déployer tout l’arsenal de leurs instruments de politique économique : monétaire, budgétaire, commerciale et d’investissement.

Seule une réponse synchronisée et coordonnée, totalement inédite, a permis de juguler la crise financière de 2009», lit-on. Dans cette crise que traverse l'humanité, les responsables publics sont à nouveau mis à l’épreuve. Et la Banque mondiale attend d'eux qu'ils se montrent à la hauteur de la situation en réagissant vite, sans hésitation et en concertation les uns avec les autres.

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