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Côte d'Ivoire [ Assassinat de Robert Guéï ] : Le militaire qui a découvert le Général à la cathédrale parle

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Ci - Politique et economie - 27-01-2016 07:24 - Redaction
Le procès de l'assassinat du général Robert Guéï, reporté à deux reprises, a finalement repris, lundi 25 janvier 2016.

Le tribunal militaire a abordé les questions de fond après avoir évacué les exceptions juridiques soulevées par la défense. Le premier accusé, l'adjudant Kouadio Kouadio dit''Gino'' a été appelé à la barre. Il est accusé de ''complicité d'assassinat sur la personne du Général Guéï et complicité d'assassinat sur les personnes de Capitaine Coulibaly Fabien et des autres éléments de la garde rapprochée du Général''. Pendant plus de deux heures, le prévenu a dit ce qui est utile pour sa défense. Habillé en tenue militaire et fixant le président tribunal, l'adjudant Kouadio, relate les conditions de l'arrestation de l'ex-chef de la junte militaire qui avait pris le pouvoir en Côte d'Ivoire à la suite du coup d'État du 24 décembre 1999 contre le président Henri Konan Bédié. « A la date du 19 septembre 2002, j'étais à mon domicile lorsque vers 1heure du matin, il y a eu des coups de feu dans la ville. Je suis sorti de la maison, et j'ai croisé le commandant en second de la Garde républicaine, le Colonel Abi. Ensemble, quand nous avons constaté les faits, nous sommes partis chez le chef de corps de la Garde républicaine le Colonel Dogbo. De là-bas, nous avons rejoint le Palais présidentiel au Plateau. Ils ont organisé la défense du Palais jusqu'au matin. Le matin, il y a eu un rassemblement pour ceux qui était là. Toutes les unités de la place d'Abidjan était consignées. A 8 heures, l'Etat-major étant occupé par les assaillants, on nous a donné l'ordre de venir les dégager. Chose qui a été fait», confie-t-il sous le regard des autres prévenus. Le 19 septembre 2002, jour du coup d'État manqué contre Laurent Gbagbo qui avait entraîné la prise de contrôle du nord et de l'ouest du pays par la rébellion, "nous avions pour consigne de retrouver le général Guéï présenté comme complice des assaillants (les auteurs du coup raté)", poursuit l'adjudant Kouadio après avoir été rassuré par son conseil. Il précise, par la suite, que l'instruction est venue du Colonel Dogbo Blé. Après une première fouille infructueuse à la cathédrale, ajoute le prévenu, le Colonel Dogbo nous demande de revenir dans cet édifice religieux où le Général s'était réfugié. «Quand nous sommes arrivés, on a trouvé deux engins de la gendarmerie sur place. Avec des éléments de la gendarmerie avec à leur tête le capitaine Séka(Anselme), nous avons pénétré dans la cathédrale. Au bâtiment du cardinal, c'est mon équipe qui a retrouvé le Général Guéï camouflé dans des cartons au sous-sol de la cathédrale », a poursuivi l'adjudant Kouadio qui a expliqué que ''Séka-Séka'' avait cassé avec sa crosse de pistolet quelques dents du « majordome » de la cathédrale pour lui faire désigner la cachette du général. En réaction, poursuit le prévenu, le Général Guéï nous a demandé avec qui nous étions, nous avons répondu que nous étions avec le Colonel Dogbo Blé. «Quand nous sommes sortis, on a remis le Général Guéï au colonel Dogbo. Ils se sont entretenus quelques instants. Nous avons vu le Général Guéï monter dans le Véhicule avant blindé (VAB) de la gendarmerie à bord duquel était le capitaine Séka. C'est comme ça que nous ne l'avons plus revu», a retracé l'adjudant.

 

Au domicile du Général

Après la cathédrale, l'adjudant dit être allé au domicile du Général Guéï, toujours sur instruction de son chef de corps, le Colonel Dogbo. Sur les lieux, il reconnaît avoir vu des engins de la gendarmerie face à l'entrée principale de la résidence qui donnaient des sommations afin que le capitaine Fabien Coulibaly et les autres sortent. «Nous sommes allés au domicile du Général, parce qu'il paraîtrait que la résidence regorgeait des assaillants. Nous avons fouillé. A part la sécurité, nous n'avons pas trouvé d'assaillants. C'est dans une cour voisine que nous avons vu Mme Guéï qui y était avec d'autres personnes. On a mis une échelle pour qu'elle redescende dans la cour. Quand elle est descendu dans la cour, je suis allé vers elle et nous sommes arrivés dehors. Je l'ai laissée auprès de nos chefs, c'est-à-dire le Colonel Dogbo, le Colonel Abi. En allant, la dame m'a dit qu'elle avait mal au pied. Je suis entré dans la cour pour chercher une chaise. C'est à l'intérieur que j'ai entendu deux coups de feu. Quand je suis ressorti, j'ai trouvé mon patron et j'ai vu la dame couché dans le caniveau. Ma première réaction, j'ai demandé au colonel Dogbo qui avait fait ça. Dans la réponse qu'il m'a donné, il m'a dit que: «C'est le fou de Séka», a raconté l'Adjudant. 24 militaires sont poursuivis pour ‘'des faits d'assassinat et de complicité d'assassinat''. Après les premières déclarations de l'Adjudant Kouadio Kouadio des échanges des confrontations avec la partie civile, la défense ont eu lieu. L'accusé se sentant ''en danger'' implora le seigneur. « Seigneur, aide moi ! », dit-il au grand étonnement du public. Les supplications du prévenu ont certainement été entendue par son Seigneur, car, sans attendre, le président du tribunal suspend l'audience. Elle reprend ce mardi 26 janvier à partir de 9 heures, toujours avec l'audition des prévenus à l'Etat-major des armées au Plateau.

 

 

Propos de…

Me Rodrigue Dadjé (Avocat de Séka séka et du Colonel Abi) : «Ce procès est déjà politiquement orienté»

«Ce premier témoignage n'est pas accablant. A aucun moment, ce prévenu a été témoin oculaire des différents meurtres. A tout moment, il vous dit qu'il n'est jamais présent. Quand, on aurait tué quelqu'un, il n'a jamais été témoin. Comment peut-il confirmé à quel moment que quelqu'un aurait le tué le général Guei et les autres ?. Donc, son témoignage n'a pas de valeur. (…) Ce procès est déjà politiquement orienté. Je pense que le pouvoir politique met la justice sous pression. Ce que nous avons eu aujourd'hui, sur le exceptions, je pense que c'est une décision qui ne me convient pas en droit. Nous allons faire un recours contre cette décision parce que ce n'est pas une bonne décision. Elle ressemble à un arrangement politiquement pour dire: «Ouvrez quand même le procès». Il n'y a aucun procès aujourd'hui qui me rassure en ce qui concerne les prisonniers pro-Gbagbo. C'est tous des procès politiques. Même quand il n'y a pas d'éléments de faits, il faut quand même les condamner. Aujourd'hui, vous avez vu M. Kouadio Kouadio qui est censé être le témoin principal de la procédure. Le paradoxe, c'est qu'il n'a jamais été présent toutes les fois qu'on a tiré sur quelqu'un. Alors, il est témoin de quoi? Voilà la réalité. Ailleurs, sous d'autres cieux, on aurait immédiatement mis fin à son témoignage. Il est témoin de rien».

 

Guyonnet Paul (avocat des ayants-droits et de Fabien Coulibaly) : «Il y a un bon travail qui a été fait par le tribunal»

«Il faut dire que l'adjudant Kouadio n'est pas un témoin. Il est soupçonné de complicité d'assassinat. Donc, c'est un prévenu. Certains aspects de ses déclarations sont vrais mais il a certaines déclarations qu'il a faîtes et qui mériteraient d'être approfondies. Je ne suis pas encore satisfait car il y a beaucoup à savoir. Le sentiment qui s'est dégagé, c'est que Kouadio Kouadio est un second couteau qui a beaucoup de choses à dire qu'il ne veut pas dire. Nous avons tenté de lui extirpé la vérité, ça n'a pas été facile. L'impression aussi qui se dégage c'est que les avocats des véritables commanditaires de ces meurtres tentent, par leurs questions à Kouadio Kouadio, de dégager un peu leur responsabilité ou de chercher d'autres auteurs. Pour ma, il y a un bon travail qui a été fait par le tribunal mais nous n'avons pas encore la vérité. Avec l'interrogatoire des autres prévenus et aussi des témoins, nous en saurons d'avantage. Sachez que nous sommes satisfaits des résultats qui ont été posées».

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